Vendre un site internet
Vendre un site internet n'est pas seulement le céder : c'est démontrer sa valeur, la documenter et organiser un transfert propre. Cette page se place du côté du vendeur.
Préparer la vente
La préparation commence plusieurs mois avant la mise en vente, et elle détermine largement le prix obtenu.
Documenter les revenus : relevés mensuels sur au moins douze mois, par source, avec les justificatifs des plateformes concernées.
Documenter l'audience : accès en lecture aux outils de mesure, plutôt que des captures d'écran, que tout acquéreur sérieux refusera.
Nettoyer le site : contenus obsolètes retirés ou mis à jour, liens morts corrigés, sécurité et sauvegardes en place.
Réduire les dépendances : un site dont l'audience provient d'une source unique, ou dont les revenus tiennent à un seul partenaire, se vend moins cher. Diversifier avant de vendre se paie.
Et vérifier la situation juridique : propriété des contenus et des images, absence de contrefaçon de marque, conformité des mentions légales et du traitement des données.
Établir un prix
Trois méthodes coexistent.
Pour un site rentable, un multiple du bénéfice mensuel net, généralement de vingt à quarante fois selon la stabilité, l'ancienneté, la diversité des sources et le temps de travail nécessaire.
Pour un site sans revenu, une valorisation par les actifs : nom de domaine, contenus rédactionnels, développement, visuels.
Et la comparaison avec des transactions récentes portant sur des sites comparables.
Deux éléments font monter un prix plus que tout : la régularité des revenus sur la durée, et le faible temps de travail requis pour maintenir le site.
Ce qui se vend, et ce qui se vend mal
Se vend bien : un nom de domaine ancien et clair, un contenu original de fond, une audience issue de plusieurs sources, une thématique durable, un site techniquement simple à reprendre.
Se vend mal : un nom générique et long, un contenu dupliqué ou produit en masse, une audience venue d'une seule plateforme, un site dépendant de la personne du vendeur, et une thématique liée à une actualité passagère.
Se vend très mal, enfin : un site dont les indicateurs de popularité ont été gonflés artificiellement. Les acheteurs expérimentés savent le détecter, et cela détruit la confiance sur l'ensemble de la transaction.
Les canaux de cession
Les places de marché spécialisées dans la vente de sites et de noms de domaine, qui apportent une audience d'acheteurs et parfois un service de séquestre.
Les ventes aux enchères de noms de domaine expirés ou mis en vente.
La vente de gré à gré, souvent la plus avantageuse lorsqu'un acquéreur naturel existe, concurrent, acteur du secteur, éditeur cherchant à compléter son portefeuille.
Et les courtiers spécialisés, pour les transactions les plus importantes.
Sécuriser la transaction
Un contrat écrit est indispensable, même pour un montant modeste.
Il précise la liste exacte des actifs cédés : nom de domaine, fichiers, base de données, comptes associés, contenus, marques éventuelles, contrats en cours.
Il fixe les garanties du vendeur : titularité des droits, absence de contentieux, sincérité des chiffres communiqués.
Il prévoit les modalités et le calendrier du transfert, et éventuellement un accompagnement de quelques semaines.
Et il peut comporter une clause de non-concurrence, limitée dans le temps, l'espace et l'objet pour être valable.
Le recours à un service de séquestre, un tiers conserve les fonds jusqu'à la remise effective des actifs, protège les deux parties et se pratique couramment.
Le transfert
Le nom de domaine se transfère par changement de titulaire chez le même bureau d'enregistrement, opération quasi immédiate, ou par transfert vers un autre bureau au moyen d'un code d'autorisation.
Les fichiers et la base se transmettent séparément, avec les identifiants d'accès.
Un site en pages statiques se reprend sans difficulté ; un site sous système de gestion de contenu demande davantage de précautions de migration.
La fiscalité
La cession d'un site est une opération imposable, dont le régime dépend du statut du vendeur (particulier, entreprise individuelle, société) et de la nature de l'actif.
Les règles applicables aux plus-values et à la TVA méritent d'être vérifiées auprès d'un expert-comptable avant la vente : l'anticipation permet parfois de choisir un montage plus favorable, ce qui n'est plus possible après.